| Yazar | : | Méropi Anastassiadou-Dumont |
| İsbn | : | 2706817626 |
| Yayın Tarihi | : | Mart, 2002 |
| Dil | : | Türkçe |
| Sayfa Sayısı | : | 387 |
| Ölçü | : | 16 x 24 cm |
| Yayınevi | : | Institur Français d'Etudes Anatoliennes |
La modernisation de l'Empire ottoman, telle qu'elle se manifeste dans la deuxième moitié du XIXème siècle, avec son cortège de crises politiques, d'affrontements entre religions et nations, de mutations institutionnelles, d'emprunts à la technologie occidentale, de changements sociaux, économiques et culturels, doit assurément beaucoup aux figures de proue de i 'Etat: sultans, ministres, officiers supérieurs, bureaucrates de haut rang. Mais elle a aussi mobilisé des écrivains de renom, des juristes, des hommes de presse, des pédagogues, des banquiers... Enfin, il y a lieu de penser que le ferment des reformes n'aurait probablement jamais levé sans I' intervention de toute une cohorte d'hommes de science et de techniciens: ingénieurs, architectes, médecins, chimistes, pharmaciens...
Somites de réputation internationale ou modestes représentants de leur spécialité, ces détenteurs d'un savoir scientifique et technique ont largement participe à la diffusion des idées, des connaissances et des compétences nouvelles à travers la société, contribuant efficacement à la transformation des cadres de vie, des mentalités, des relations de pouvoir, des modes de production. C'est grâce à eux, pour une bonne part, que l'Empire ottoman a été en mesure, dès le milieu du XIXème siècle, de présenter à l'Europe un reflet a peine brouille de sa propre image. Ce sont eux aussi qui, dans leurs hôpitaux, leurs laboratoires, leurs cabinets de consultation, leurs loges maçonniques, leurs salons mondains, ont donné forme aux aspirations politiques et sociales des populations assujetties au sultan. Ce sont eux, enfin, qui ont réalisé, avec d'autres, le travail de sape qui devait aboutir, dans les premières décennies du XXe siècle, al' effondrement de l'univers ottoman.
Mais i 'histoire est forcément réductrice. Si quelques figures emblématiques émergent encore de l'oubli, la plupart de ces artisans de la modernisation ottomane ont rejoint la nébuleuse des anonymes, sans que l'on puisse céder avec précision le rôle qui fut le leur.