| Yazar | : | Robert Mantran |
| Yayın Tarihi | : | 1952 |
| Dil | : | Fransızca |
| Sayfa Sayısı | : | 126 |
| Ölçü | : | 11,5 x 17,5 cm |
| Yayınevi | : | Presses Universitaires de France |
LES TURCS AVANT LEUR ENTREE DANS LE MONDE MUSULMAN Avant de s'installer définitivement dans cette région de l'Asie occidentale à laquelle ils ont donné leur nom: la Turquie, les Turcs ont émigré, au cours des âges, depuis les régions orientales de l'Asie jusqu'en Europe centrale, et dans leur marche vers l'ouest ils ont parsemé leur route d'ilots ethniques et linguistiques qui subsistent encore aujourd'hui. Le problème de l'origine des Turcs est demeuré assez obscur. Seules les sources chinoises nous apportent quelques renseignements sur des peuplades qui, vers le 2e millénaire av. J.-C., nomadisaient dans les étendues situées à l'ouest de la Chine septentrionale jusqu'aux environs du lac Baikal, c'est-à-dire dans ce que l'on a appelé la Haute-Asie ou, selon la géographie moderne, la Mongolie. L'ensemble de ces territoires est isolé du reste du monde par de hautes montagnes: Ahyn Tagh, Ahat, Saian, Kingan, ou par des déserts: Loh-nor, Gohi. Dans les régions de faible altitude, le climat est désertique ou steppique: hivers très froids, étés très chauds, pluies rares; les régions plus élevées bénéficient de quelques précipitations et sont alors couvertes de forêts ou de prairies. Plus à l'ouest, dans le Sin-Kiang (ou Turkestan chinois), la Dzoungarie et l'est du Turkestan russe, les conditions climatiques sont à peu près semblables, mais les oasis sont plus fréquentes, installées au pied des montagnes, comme dans le Tarim, OU des centres te1s que Kachgar, Yarkend, Khotan ont toujours été des points importants de concentration humaine et de sédentarisation. De tout temps, les habitants de ces régions ont été avant tout des cavaliers nomades, pasteurs et chasseurs, vivant sous la tente. Ils semblent s'être organises très tôt en tribus et en élans. Ignorant ou méprisant l'agriculture et l'industrie, en revanche ils pratiquent volontiers le pillage des pays voisins. Refugies dans leur contI'le d'accès difficile, ils sont à l'abri des poursuites, mais constituent un danger permanent pour les régions limitrophes, et si parfois une autorité extérieure s'impose à eux, elle est le plus souvent nominale. Ces nomades ont formé trois groupes principaux: les Turcs, les Mongols et les Toungouzes, ancêtres des actuels Mandchous. Ces groupes se mélangent les uns les autres assez facilement, et ils forment alors ce que l'on pourrait appeler des confédérations de peuples, ainsi qu'il semble apparaitre pour le groupe des Hiong-Nou...