Un Guide Intime Istanbul

Yazar : Nedim Gürsel
İsbn : 2862602892
Yayın Tarihi : 1989
Dil : Türkçe
Sayfa Sayısı : 80
Ölçü : 13,5 x 18,5 cm
Yayınevi : Editions Autrement

"La vie a une fin mais jamais le chemin." C'était écrit sur les murs des villes, des hôtels. Sur les locomotives, Le fuselage des avions, la coque blanche des paquebots. C'était écrit dans les salles d'attente, sur les horloges des gares, les pare-brise des camions et des cars. II a fallu que je quitte Istanbul sans espoir d'y retourner un jour, et une fois en terre d'exil, séparé des miens le coupe de ma langue maternelle il a fallu que j'erre fiévreusement de ville en ville pour comprendre le sens profond de ce diction populaire turc qui résonne encore en moi comme la voix du destin: "La vie a une fin allais jamais le chemin." Curieusement c'est à Paris, au réveil d'un songe, à la lumière de ma lampe qui s'abattait sur les feuilles blanches, ou ailleurs, pendant mes interminables voyages à travers le monde, que j'ai retrouvé Istanbul dont je n'ai cessé de parler dans mes livres. Il ne s'agissait pas d'un souvenir qui planait, ni d'un remords planté comme un fer rouge dans mon cœur, mais d'une ville récent la ville me survint. Maintenant que j'ai de nouveau la possibilité d'y aller, d'effleurer ses trois mers et les remous troubles de la Corne d'Or, de caresser ses tours, ses dômes, ses minarets, de frotter mon visage sur ses remparts, ses murs noircis, d'embrasser les deux rives du Bosphore en forme de lèvres entrouvertes, d'escalader ses collines et ses donjons, de se reposer enfin et l'ombre de ses platanes après tous ces ébats amoureux, maintenant que je peux la posséder et la pénétrer de nouveau après une si longue absence, que puis-je dire d'elle sinon mon désir inassouvi de cette "veuve encore pucelle après mille épousailles"? Mais il faut que je parle d'elle, que je dise par exemple que la métaphore de la veuve encore pucelle prise dans le fameux poème de Tevfik Fikret, poète turc de la fin du XIX. siècle, ressemble étrangement à cette vision de Jean Cocteau qui découvrit Istanbul un demi-siècle plus tard: "La voilà donc cette ville dont je rêvais à dix-neuf ans à travers les innombrables écrivains français, Nerval en tête, qui la décrivent La voilà donc cette vieille cantatrice couverte de gloire et de bijoux, je la regarde par ma fenêtre.
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